NON MAIS MARIE !

EN QUELQUES MOTS 

 
"Je me rappelle de tout, t’imagines même pas.

Un chewing-gum à la fraise, ma casquette Jurassic Park,

et des claques dans la gueule.

 

Des recherches sur l’enfance, l’espace scolaire et la famille

me confortent dans ma volonté de faire apparaître un portrait étiré

de la condition de l’enfant, qui n’est pas qu’un état d’enchantement.
Le seuil de ma démarche consiste à prendre à contrepied une tradition qui représente l’enfance idéalement comme un état de joie, d’épanouissement et d’insouciance perpétuelle.
Quand on porte en soi le message d’une génération élevée dans l’idée d’un bonheur permanent, facile et coloré, un monde magique qui nous a fait croire que le divertissement

et la consommation seront toujours capables de nous procurer des sensations positives,

on se prend en grandissant la réalité du monde en pleine figure.


Je privilégie une démarche picturale et graphique qui traduit

mon besoin de crier, de dénoncer l’absurdité du genre humain et ses comportements,

tout en ramenant chacun à sa propre existence."

 

Marie est née en 1993, elle vit et travaille à Mulhouse.
Elle est diplômée de la Haute Ecole des Arts du Rhin en juin 2016

avec les félicitations du jury.

Elle fait actuellement un doctorat en études et pratiques des arts

à l'UQAM de Montréal.

ENVIE

D'EN SAVOIR PLUS

SUR MARIE? 

TOUS LES JOURS

Des visages au regard lourd, des grosses têtes aux traits accablés, vissées sur de petits corps habillés en pyjama.

Puiser dans le foyer d’images infini qui se trouve sur Internet pour en tirer des situations intimes, des scènes non-idylliques, des clichés vecteurs de doute et de malaise. Poser la question de la normalité et de l’anormalité; de la norme et de la dénorme. Remettre en question l’idée du ravissement et du calme immuables qu’on attribue à l’enfance et à la cellule familiale.

On nous amène cette image sur un plateau, et ça transpire les jolies mises en scène qu’ils nous font voir à la télévision, quand vient le moment des publicités pour les yaourts et les céréales. Mais au final on sait tous que ce n’est pas comme ça en vrai.

A l’aide d’une mine de carbone et d’un carnet de feuilles de papier, un rituel se met en place. Chaque soir, c’est avec  acharnement et précision que j’arrache mes trésors à ces photographies du réel. Chaque soir ils deviennent du plus en plus nombreux.

Ils sont là pour évacuer ma peine et mes cauchemars, et vous les renvoyer à la face.

TOUS LES JOURS, dessins au carbone sur papier, 21x29,7

RULES

Tout commence avec un objet connu, un objet symbole, un objet que l’on associe à l’outil ou encore au jouet. A la fois rassurant, mais aussi chargé de sens. Cet objet, la règle trace-lettres, est présent dans les salles de classe.

Il porte en lui le symbole des contraintes imposées à l’école, du conformisme relatif à cette période d’apprentissage. C’est un outil qui donne une norme.

J’apporte à cet objet d’écolier un discours qui dérange, je m’en sers pour avouer et partager la misère humaine dans laquelle on patauge dès la prime enfance. La violence verbale devient tangible, et elle s’affiche sur une règle en plastique translucide.

 

Tu dois obéir, faire ce que dit la maîtresse. La pointe de ton crayon peut pas dépasser du plastique, c’est pour que tu fasses des jolies lettres.

C’est comme ça, c’est les règles.
Mais moi j’ai envie de dire ce que je veux, et là j’ai envie de dire la vérité.

RULES, gravure, découpe et sérigraphie sur plexiglas, 30 x 5 x 0,3 cm

LAISSE ALLUME DANS LE COULOIR

Quand vient le soir et que les lumières s'éteignent dans la chambre des petits, un espace particulier prend forme.

L'inanimé s'anime, des formes colorées apparaissent et viennent se mêler aux héros de dessin animé figurant sur un papier peint à l'apparence des plus ordinaires.

C'est tout un monde qui s'ouvre alors. Des scènes de films d'épouvante, des icônes oubliées du marketing pour enfant, des visages grimaçants, tous surgissent dans l'obscurité et brillent de leur éclat chimique.

La propension qu'ont les enfants à cristalliser leurs angoisses intérieures sur des objets du quotidien devient ici un mode de création. En diffusant des images tout droit issues de la société du divertissement dont je suis le produit, je pose la question de tous les enjeux qu'incarnent ces icônes à l'apparence sympathique et innocente.

Laisse allumé dans le couloir Sérigraphie sur papier peint à l’encre fluorescente, quatre couleurs, éclairée à la lumière noire, dimension variable.

© 2017 Fresh Connexion / Jeanne Rimbert

  • Facebook - Black Circle
  • YouTube - Black Circle
  • Pinterest - Black Circle
  • Instagram - Black Circle